Association Les Niçois du Canton

Assouciacioun Lu Nissart dau Cantoun

LOU MERCAT D’ISTEÙ A NISSA

(LE MARCHE D'ÉTÉ A NICE)

D’André ASSO (1936)

S'avès un piccin moumen de tem et se voulés avé un poù de distraçioun,

Leva-vou lou matin bouan'oura en anavoun su l'Esplanada doù Pailloun

Achi, n'en vehés arriba de camiounetta e camioun,

 

Cu arriba emb'una careta, cu poussa un caretoun,

 

Et de tantu marçiandisa n'en fan l'instalaçioun.

Achi, su l'Esplanada doù Pailloun.

N'y a d'achulu che venoun de Conte, de Drap, de la Trinita ou de Cantaroun

Me de gourbassa de fayoù, de toumati, de cougourdoun.

N'y a finda che venoun de la Valada doù Var

Embe de poire, de raba, de carotta, de salada, de pebroun et d'épinar

Après arriba lu revendaïris che venoun marcianda

 

Touoti li fruçia e legume ch'installoun su lou mercat.

Countemplen e admiren acheli gen

Che si levoun tan bouan'oura per si gagna caùcaren.

E lou matin, coura coumensa la venta

S'es un beù Moussu che douna l'estrenna, soun ben countenta

Perché dihoun che acôt li pouarta çiansa

E che faran manuvra li balansa.

N'y a pi una où doua che vou fan rire en criden l'ail ! l'ail ! l'ail !

E pi vou dihoun : Achit, la séba et l'ayet mancoun giamaï

Daù tem daï pasteca, daï meloun

N'y a de gros mouloun ché venoun daù Var ou de Cavailloun.

A l'epoca, de grossi banastra de castagna,

 

Ché en rabayat en amoun de Berra à Belvedere en la mountagna.

E coura es lou tem daï sanguin, daï boulet,

 

De plen cageù che an cuillit en li bouasc daù Moulinet.

Calas embe de panier, embe de filet, ô bravi mainagera

Arribas dai cartier, de touti li carriera

Venés croumpa lou nécessari de maïoun

Tout lou lonc et su lou bort daù Pailloun

E coura lou mercat batte lou sieù plen

Vehés tout acheù beù mounde che va et ven.

E daù sieù banc, remarquerés la bella Madaloun.

 

Che de tem en tem, fa un grassious sourire aù sieù beù Titoun.

E coura arriba l'oura de miégiou, che pica lou canoun,

Vitou levoun lou banc emb'au sieù caretoun,

 

Après n'en passa achulu de la Voiria

Emb'una ramassa e en mançia de camia

Che fan vitou per desbarassa

Toui lu resta doù Marcat.

Si vous avez un petit moment et si vous voulez un peu de distraction,

Levez-vous le matin de bonne heure et allez sur l'Esplanade du Paillon.

Là, vous en verrez arriver des camionnettes et des camions,

Qui arrive avec une charrette, qui pousse un charreton,

Et de tant de marchandises, en font l'installation,

Là sur l'Esplanade du Paillon.

Il y en a qui viennent de Conte, de Drap, de La Trinité ou de Cantaron

Avec des corbeilles de haricots, de tomates, de cougourdons.

Il y en a aussi qui viennent de la Vallée du Var

Avec des poires, des céleris-raves, des carottes, des salades, des poivrons et des épinards.

Après arrivent les revendeurs qui viennent marchander

Tous les fruits et les légumes qui s'installent sur le marché.
Contemplez et admirez ces gens

Qui se lèvent de si tôt pour gagner leur vie.

 

Et le matin quand commence la vente,

Si vous êtes un beau Monsieur qui donne l'étrenne, ils sont bien contents

Parce qu'ils disent que cela leur porte chance

Et qu'ils feront manœuvrer les balances.

Il y en a aussi une ou deux qui vous font rire en criant l'ail ! l'ail ! l'ail !

Et puis qui vous disent : ici, l'oignon et l'ail ne manquent jamais.

A l'époque des pastèques et des melons,

Il y en a de gros tas qui viennent du Var ou de Cavaillon.

Au moment propice, de grosses corbeilles de chataignes,

Qu'ils ont ramassé en amont de Berre, à Belvédère dans la montagne.

Et quand c'est le temps des sanguins, des champignons,

De plein cageots qu'ils ont cueillis dans les bois du Moulinet.

Descendez avec des paniers, avec des filets, ô braves ménagères

Venez des quartiers, de toute les rues

Venez acheter le nécessaire de maison

Tout le long et sur le bord du Paillon

Et quand le marché bat son plein

Vous verrez tout ce beau monde qui va et vient.

Et de son banc, vous remarquerez la belle Madelon,

Qui de temps en temps, fait un gracieux sourire à son beau Baptiste.

Et quand il arrive l'heure de midi, que gronde le canon,

Vite, ils déchargent le banc, à l'aide de leur charreton,

Après passent ceux de la Voirie,

Avec un balai, en manche de chemise

Qui font vite pour débarrasser

Tous les restes du marché.